Le marché mondial de l’assurance transport maritime se porte bien. Le volume des primes de 2023 s’établit à 38,9 milliards USD, en hausse de 8,7% par rapport à 2022, soit le taux de croissance le plus élevé des dix dernières années.
Cette tendance est soutenue par l'intensification des échanges commerciaux à l'échelle mondiale, l’augmentation de la valeur des navires assurés et la consolidation du secteur offshore qui bénéficie d'un contexte stable.
La flotte mondiale
A fin août 2024, 18% de la flotte mondiale est détenue par la Chine. La Grèce et le Japon arrivent en deuxième et troisième position avec respectivement 16% et 11% du total des navires.

Évolution du marché transport maritime
Au cours des cinq derniers exercices, soit de 2019 à 2023, le marché transport maritime réalise une croissance des souscriptions de 35,54%. Au cours de cette période, le volume des primes passe de 28,7 milliards USD en 2019 à 38,9 milliards USD en 2023. Cette embellie arrive après une période de marché « soft » qui a perduré jusqu’en 2015 et une période de fluctuation entre 2016 et 2018.
Malgré ce renouveau du chiffre d’affaires, les assureurs maritimes restent vigilants. Certaines menaces planent toujours et peuvent changer la donne, à l’instar :
- de l’augmentation constante des coûts de réparation des coques,
- de la survenance d’incendies majeurs, aggravés par le risque de transport de véhicules électriques et de leurs batteries,
- des tensions géopolitiques dans certaines zones et routes maritimes.
Le rapport “Safety and Shipping Review 2024”, publié par Allianz Commercial, souligne le risque élevé lié aux guerres et au changement climatique. Rappelons que l’année 2024 a enregistré un sinistre majeur, l’un des plus important jamais enregistré par la branche transport maritime, à savoir celui du porte-conteneurs « Dali » qui a détruit une section du pont de Baltimore d’une valeur de près de 1,2 milliard USD.

Répartition des primes d’assurance transport maritime par région
Dans sa globalité, la répartition des primes d’assurance transport maritime par région demeure plus ou moins inchangée.
En 2023, les assureurs européens accaparent 48,5% des primes. Ils sont suivis par les opérateurs des zones Asie-Pacifique (28,1%), Amérique Latine (10,9%) et Amérique du Nord (7%). Les autres régions du globe ne comptabilisent que 5,5% des souscriptions.
Sur 10 ans, le marché européen recule de 4,1 points alors que celui de l’Asie Pacifique progresse de 3,1 points.
Sur cinq ans, c’est-à-dire entre 2019 et 2023, l’Europe regagne timidement du terrain. Pendant ce temps, la Chine avance à grands pas avec un pourcentage des primes mondiales facultés maritimes, passant de 11,3% à 14,4%.
Répartition des primes assurance maritime en 2023
| Région | Parts 2023 |
| Europe | 48,5% |
| Asie/Pacifique | 28,1% |
| Amérique latine | 10,9% |
| Amérique du nord | 7% |
| Autres régions | 5,50% |
| Total | 100% |

Evolution des primes d’assurance transport maritime par type de garantie
En 2023, la garantie facultés maritimes est la principale couverture transport souscrite avec 56,8% de part de marché, suivie de l'assurance corps de navire (23,6%), l'énergie offshore (11,9 %) et la responsabilité maritime (hors P&I) à 7,7%.
Toutes ces branches enregistrent une hausse du volume des primes par rapport à 2022, soit +7,8% pour l’assurance facultés maritimes, +10,8% pour l’assurance corps de navire, +9,5% pour l’assurance énergie offshore et +7,1% pour l’assurance responsabilité civile.
Chiffres en milliards USD
| Garantie | 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | Evolution 2022-2023 |
| Facultés maritimes | 16,9 | 15,8 | 14,9 | 16,4 | 16,6 | 16,5 | 17,2 | 18,9 | 20,5 | 22,1 | 7,80% |
| Corps de navire | 7,6 | 7,5 | 7,1 | 6,9 | 7 | 6,9 | 7,1 | 7,8 | 8,3 | 9,2 | 10,80% |
| Offshore/énergie | 5,9 | 4,5 | 3,6 | 3,4 | 3,4 | 3,3 | 3,6 | 3,9 | 4,2 | 4,6 | 9,50% |
| Responsabilité civile | 2,2 | 2,1 | 1,9 | 2 | 1,9 | 2 | 2,1 | 2,4 | 2,8 | 3 | 7,10% |
| Total | 32,6 | 29,9 | 27,5 | 28,7 | 28,9 | 28,7 | 30 | 33 | 35,8 | 38,9 | 8,70% |

Transport maritime : baisse de la sinistralité en 2023
Les progrès en matière de sécurité maritime sont indéniables. Au cours des années 1990, le marché comptabilisait, en moyenne, plus de 200 pertes totales de navires de plus de 100 gigatonnes par an.
Le rapport annuel d'Allianz sur la sécurité maritime indique que les pertes totales de navires ont fortement diminué avec une moyenne de 73 navires totalement sinistrés au cours des dix dernières années.
En 2023, seuls 26 navires de plus de 100 tonnes sont devenus complètement inutilisables (perdus, coulés ou échoués). Cette baisse est de 37% par rapport à 2022 et de 71% par rapport à la moyenne des dix dernières années.
Avec 2 951 sinistres en 2023, le nombre total d’incidents recule également de 2,8% par rapport à 2022.
Cette amélioration s'explique par de multiples facteurs, notamment le renforcement des normes de sécurité et l'amélioration de l’état général des flottes.
Pertes totales de navires de plus de 100 GT : 2014-2023
| Années | 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 |
| Nombre de navires | 89 | 105 | 102 | 95 | 74 | 71 | 66 | 60 | 41 | 26 |
De son côté, le rapport de l’IUMI confirme cette tendance baissière de la sinistralité. En 2023, le nombre d’incidents facultés maritimes déclarés d’une valeur supérieure à 250 000 USD diminue de 25,7% à 535 accidents. La charge sinistres facultés maritimes suit également la même tendance, enregistrant une baisse de 54,1%, à 590 millions USD en 2023 contre 1285 millions USD en 2022.

Transport maritime : sinistralité par région
La concentration du trafic maritime dans la région Chine méridionale, Indochine, Indonésie et Philippines augmente le risque d’accidents. A elle seule, cette région enregistre 8 pertes totales de navires en 2023, soit 30,7% des pertes mondiales.
La deuxième région la plus à risque est l’Est de la Méditerranée et la mer Noire avec 6 pertes.
A noter que d’autres facteurs géographiques et météorologiques tels que la fréquence des tempêtes, le passage par des zones de navigation difficiles, ou encore l'activité sismique dans certaines régions augmentent le risque de perte de navire.





