L’assurance affinitaire face à ses dérives
Produit facile à souscrire par les particuliers, générateur de revenus complémentaires pour les distributeurs et pourvoyeur de primes pour les assureurs, l’assurance affinitaire présente des avantages pour l’ensemble des parties prenantes.
Née de la pénétration des banques dans l’assurance et développée dans les années 1980 sous la forme de garantie emprunteur, l’assurance affinitaire est, de nos jours, associée aux biens de consommation et services fournis aux particuliers.
Les primes générées par ce segment s’élèveraient en 2024 à 140 milliards USD, avec un taux de croissance annuel moyen de l’ordre de 10%.
Ce développement rapide qui fait de l’activité un élément de renforcement du taux de pénétration de l’assurance s’est malheureusement accompagné de dérives structurelles qui nuisent à son image.
Faiblement encadrée, la souscription a conduit à la signature de contrats sans explication suffisante aux assurés sur l’étendue réelle de garanties, exclusions et franchises. Les critiques portent également sur les montants des commissions prélevées par les distributeurs qui peuvent grimper à 40%, voire 50% des primes, laissant peu de marge au paiement des sinistres.
Le modèle présente, par ailleurs, une exposition accrue aux risques de fraude dont le taux pour la téléphonie et équipements peut concerner 30% des déclarations de sinistre.
Malgré ses faiblesses, l’assurance affinitaire reste un levier important de croissance du marché. La pérennité du modèle nécessite toutefois un encadrement rigoureux, une lutte contre les dérives commerciales et surtout le maintien de la confiance des consommateurs.




