La réassurance africaine
Selon « Atlas Reinsurance Reports Africa 2026 », étude réalisée par Atlas Conseil International, l’Afrique compte au 31/12/2024, 51 réassureurs totalisant une prime de 6,269 milliards USD.
Alors que le développement du marché direct africain reste limité par le taux de pénétration de l’assurance et la modicité des portefeuilles couverts, certains Etats et régulateurs du continent appellent à la création de nouvelles entités de réassurance locales.
Ce besoin légitime de souveraineté financière se heurte à un principe de base de la réassurance qui repose sur la mutualisation de portefeuilles de risques homogènes dans l’espace le plus vaste possible. Un réassureur ne peut limiter ses acceptations à quelques cessions légales souscrites dans une zone restreinte.
Pour se développer et survivre, tout réassureur doit, tout d'abord, disposer d’un capital social et de fonds propres conséquents. Une bonne capitalisation lui permet d’absorber les sinistres majeurs et jouer un rôle significatif auprès des assureurs locaux. Faute de moyens financiers importants, le réassureur demeure vulnérable aux chocs lors des années de forte sinistralité. Un capital suffisant permet également au réassureur de soutenir la croissance de son portefeuille à l’international, d’inspirer confiance aux assureurs et courtiers et d’obtenir une bonne notation financière.
Deuxième condition de réussite, une compagnie de réassurance n’est viable que si elle dispose de structures internes solides et de compétences humaines de haut niveau.
La discipline technique requise repose sur une bonne gestion des risques et sinistres sans oublier l’aspect financier, domaine dans lequel le réassureur doit exceller pour protéger et faire fructifier les provisions techniques constituées au profit de ses partenaires. En conclusion, toute création d’une compagnie de réassurance en Afrique peut s’avérer utile à l’émergence d’un écosystème plus autonome et durable. Cette création doit toutefois respecter des normes et standards internationaux à savoir une vision à long terme, un cadre réglementaire solide, une gouvernance exemplaire et surtout des moyens financiers et humains à même de lui permettre de faire face à une concurrence impitoyable.





