La hausse des températures affecte l'ensemble du système climatique : fonte des glaces, réchauffement des océans, perturbation du cycle de l'eau. Ces transformations se répercutent ensuite, en bout de chaîne, par une intensification de certains événements climatiques extrêmes.
Fonte des glaces
L’excès de chaleur accumulé dans le système climatique accélère la fonte des glaciers et des calottes glaciaires. La période 2023-2025 a ainsi enregistré la plus forte perte de masse glaciaire depuis le début des relevés en 1950 pour les glaciers de référence suivis à l’échelle mondiale.
Dilatation thermique des océans
À cette fonte des glaces s’ajoute la dilatation thermique des océans, qui se réchauffent et voient leur volume augmenter. Le rythme moyen total d’élévation du niveau des mers (en raison de la dilatation thermique des océans et de la fonte des glaciers) est de plus en plus rapide. De 2,1 mm par an entre 1993 et 2002, le taux d’élévation est passé à 4,1 mm par an sur la période 2016-2025, soit près du double.
Cette accélération n’est pas sans conséquence pour les zones côtières : elle accroît leur exposition aux submersions marines et aux tempêtes.
La perte de masse glaciaire et son effet sur le niveau de la mer
| Période / année | Perte de masse glaciaire | Impact sur le niveau de la mer |
| 2000–2011 | ≈ 231 Gt/an | ≈ 0,64 mm/an |
| 2012–2023 | ≈ 314 Gt/an | ≈ 0,87 mm/an |
| 2023 | 548 Gt | ≈ 1,5 mm |
| 2024 | ≈ 450 Gt | ≈ 1,2 mm |
| 2025 | ≈ 410 Gt | ≈ 1,1 mm |
| 2000–2025 | ≈ 7 500 Gt depuis 2000 | - |
Gt = milliards de tonnes / mm : millimètre
Sources : World Glacier Monitoring Service (WGMS), Copernicus Climate Change Service, GlaMBIE (Nature, 2025).
Dérèglement du cycle de l'eau
Un air chaud peut contenir davantage d’humidité, ce qui accentue à la fois les épisodes de sécheresse et les fortes précipitations. Selon Global Water Monitor 2025 (1), les précipitations extrêmes se sont intensifiées à l’échelle mondiale : une hausse de 2,3% des précipitations quotidiennes maximales par décennie est relevée, contribuant ainsi à la hausse des risques d’inondations et de glissements de terrain.
Indicateurs de dérèglement du cycle de l'eau à l'échelle mondiale
| Indicateur | Valeur |
| Intensification des pluies extrêmes (précipitations maximales journalières) | +2,3 % par décennie |
| Hausse des jours de chaleur extrême (>35°C) | +8,3 % par décennie |
| Bassins fluviaux mondiaux en conditions "normales" en 2025 | 1 sur 3 seulement (6ᵉ année consécutive de déséquilibre) |
| Hausse des inondations depuis 2000 | 134% |
| Hausse du nombre et de la durée des sécheresses depuis 2000 | 29% |
Sources : Global Waters Storage (GWM), World Meteorological Organization (OMM), UN-Water
Le cycle de l’eau devient plus extrême, alternant de plus en plus rapidement entre excès et pénurie. Les climatologues parlent de « climate whiplash » pour désigner ces basculements rapides, qui peuvent se produire dans une même région à seulement quelques mois d’intervalle.
A l’échelle mondiale, les catastrophes liées à l’eau survenues en 2025 ont causé près de 5 000 décès, déplacé environ 8 millions de personnes et entraîné des pertes économiques dépassant 360 milliards USD.
Réchauffement climatique : les phénomènes El Niño et La Niña
El Niño et La Niña sont les deux phases opposées du phénomène climatique ENSO (El Niño–Southern Oscillation), qui correspond à des variations de la température de surface de l’océan Pacifique tropical, accompagnées de changements dans l’atmosphère.
Ces deux phénomènes influencent temporairement les températures, les précipitations et la fréquence de certains événements climatiques extrêmes dans différentes régions du monde.
- El Niño correspond généralement à un réchauffement anormal des eaux du Pacifique tropical. Il tend à accentuer la température moyenne mondiale et peut favoriser certaines sécheresses, vagues de chaleur ou précipitations extrêmes selon les régions.
- La Niña correspond à un refroidissement anormal des eaux. Elle peut temporairement limiter la hausse de la température mondiale, tout en favorisant d’autres types d’événements extrêmes dans certaines régions.
Notons que les cycles El Niño et La Niña peuvent modifier d’une année à l’autre la fréquence, l’intensité et la répartition géographique des événements climatiques extrêmes.
Le réchauffement climatique agit donc comme un amplificateur de leurs effets avec aggravation de certaines variations naturelles. Un épisode El Niño particulièrement marqué peut, par exemple, entraîner des températures exceptionnellement élevées dans un climat déjà chaud.
L’impact des phénomènes El Niño et La Niña: 2015-2025
| Année | Phase ENSO dominante* | Pertes assurées mondiales (En milliards USD) | Remarques |
| 2015 | El Niño fort | 40 | Niveau relativement modéré des pertes assurées |
| 2016 | El Niño → La Niña | 58 | Progression des pertes assurées par rapport à 2015 |
| 2017 | La Niña | 151,4 | Forte hausse de la sinistralité, notamment sous l'effet des ouragans Harvey, Irma et Maria |
| 2018 | La Niña → neutre → El Niño | 92 | Repli des pertes par rapport à 2017, mais niveau toujours élevé |
| 2019 | El Niño faible | 63 | Baisse des pertes assurées par rapport aux deux années précédentes. |
| 2020 | La Niña | 99 | Forte contribution des tempêtes, des incendies et des autres périls secondaires. |
| 2021 | La Niña | 118,8 | Les pertes assurées dépassent pour la première fois 100 milliards USD depuis 2017 |
| 2022 | La Niña | 125 | Deuxième année consécutive au-dessus de 100 milliards USD, notamment sous l'effet de l'ouragan Ian |
| 2023 | El Niño | 108 | Les tempêtes convectives violentes représentent une part importante des pertes assurées |
| 2024 | El Niño → neutre → La Niña | ≈140,6 | Très forte sinistralité, portée notamment par les cyclones, les inondations et les tempêtes convectives |
| 2025 | La Niña faible → neutre | 107 | Niveau toujours supérieur à 100 milliards USD, avec une forte contribution des incendies de Los Angeles et des tempêtes |
* Les phases peuvent changer au cours d’une même année





